news - pascale baud













Née en 1960 à Tain l'hermitage, France.
Lives and works near Paris (France) - vit et travaille en région parisienne.


Exhibitions - Expositions:


2014 : 5 février - 28 mars - Du mot à l'image du mot - Maison de la Poésie - Guyancourt

2013 : 27 avril - 19 mai - Délires de Livres - Collégiale Saint-André, Chartres, France

2012 : 12 décembre 2012 -17 mars 2013, DESSIN(S), Commanderie des Templiers de la Villedieu, Élancourt – Saint-Quentin-en-Yvelines, France

            12 et 13 mai - Salon de l'Art et de l'Edition parallèle à Villiers sur Marne -

2011 :  3 au 22 octobre - ArtCité - Fontenay-sous-Bois, France

            16 avril - 8 mai - Délires de Livres - Collégiale Saint-André, Chartres, France
1985 : 10 fev - 28 fev - Postcards from the North... - EPS Gallery, Sydney, Australie


2010 : 7 août - 30 août - Ex-Voto - Galerie Koma, Mons, Belgique
1985 : 17 fev - 3 mars - Postcards from the North... - Horus & Deloris Contemporay Art Space, Sydney, Australia

2009 : 6 oct - 11 oct -
Inter-Medium - A group exhibition of artists exploring sculpture, painting and  photography - Gallery HM, Sydney, Australia
1985 : 30 août - 6 sept - Inter-Medium - A group exhibition of artists exploring sculpture, painting and photography - Tap Gallery Sydney, Australia
1985 : 29 mai - 25 juin - The Night Photographers with The InnerNortherns International 198: 1985 : Photography Group - Michaels Alpha Photographic Gallery, Melbourne, Australia
1985 :11 avril - 3 mai - Délires de Livres - Collègilae Saint-André, Chartres, France

2007 : 15 jui - 15 août - Les Créations Postales d'ArtKaos, Liège, Belgique
1985 : 1 juin - 17 juin - Délires de Livres - Collègilae Saint-André, Chartres, France

2006 : 8 oct - 18 nov - Hypegallery- galerie Café Moskau de Berlin

2004 : 3 nov. 3 déc. - Hypegallery - Palais de Tokyo, Paris
          
"Do you like Yen ?" - Août - Partcipation à l'action, seonde partie, Tokyo, Japon
1985 : "Do you like Yen ?" - 20 et 21 mars - Partcipation à l'action, galerie éof, Paris.

2002 : Exhibition "Polarama" = an eclectic ensemble of international artists'work utilising
1985 : the 1985 ubiquitous instant polaroid.
1985 : 13.07.02 - 10.08.02 Gallery Folly, Lancaster, UK.
1990 :
1993 : Exposition "Pic'Art"  - juin, Amiens

1987 : Exposition internationale "Gruppenkunstwerk" (Oeuvre d'art collective) de juin à septembre en écho à la Dokumenta 8, Hall K18, Kassel.
1987 : SAD, Paris Grand Palais, France.

1986 : Exposition "Inventaire" (octobre-novembre), Galerie Viviane Valat, Saint Vallier (26)
1985 : Envoi pendant 8 jours à 8 galeries parisiennes de "Correspondance" du 11 au 18/06
1985 : Envoi de 5 "K7", pour fêter le nouvel an, à quatre galeries New-Yorkaises,
1985 : et une londonienne.

1985 : Exposition "L'Écriture" (mai-juin), Galerie Viviane Valat, Saint Vallier (26).
1985 : Exposition "Travaux d'artistes au cours du jour" (juillet), galerie La Tête d'Obsidienne, La Seyne sur mer.


Formation :
1978 : University Aix-Marseille, Arts Plastiques, France + Beaux-Arts D'aix-en-Provence
1981 : Bachelor's degree in arts - Licence d'Arts Plastiques.
1983 : C.A.P.E.S. = master's degree in arts. - C.A.P.E.S. d'Arts plastiques.




-----------------------------------------------------------------------------------------------------------




LES MOTS N'ONT PLUS LA MÊME LONGUEUR

    " Nous manquons
    de points d'appui,
    c'est-à-dire de
    journaux intimes ".
    Khlebnikov

    par Jean-Marie Gleize


  L'objet est un cube. Il s'ouvre, Pascale Baud décide de paginer ses phrases. Décide de "livrer" son travail de peintre. Un livre donc, sur la première page duquel je lis ceci: "odeur de mandarine", et ceci (à angle droit près de la fente, tandis que tout le reste de la page est vide) : "Livre d'Heures de la Duchesse de Bourgogne, Adélaïde de Savoie". Il y en a qui écrivent ça sans savoir, mine de rien, qui font ça en cachette, en couchette, partout, dans les trains, dans les gares, partout. Comme s'il y avait un rapport "pensable" entre Greta Garbo, les Parkings, Chrétien de Troyes et le portrait de Calas en Médée. Mais oui ! Ça va, ça vient, ça tire, et, plus je le suce, plus le bonbon fond. En somme, l'art est un engin (un enjeu) formidable, "de taille" (crayon), et c'est bien parce nous ne savons pas de quoi il retourne qu'il faut y aller, forcer, foncer, s'enfoncer, faire feu dans tous les coins (de tous bois), etc. Pascale écrit des brouillons. Je vais trop vite (et comme elle dit : "du calme...") : Pascale Baud (vit et travaille à Marseille), écrit au brouillon des bouts de sa vie, des bouts de vie cadrée, micrographiés, cryptographiés, hiéroglyphés, qu'elle ponctue de dessins, de riens d'instants de sa vie mis bout à bout : un livre d'heures, les minutes d'un livre de bouts de vie, les secondes de ces minutes de bout à bout de fragments de dessins qui ponctuent les ébauches des brouillons de cet intime besoin de l'infime jour à jour. Brouillons et brouilles. Rien ne va plus entre les yeux et le reste. Ça décolle. Vous croyez avoir des idées dans la tête et, pourquoi pas, derrière la tête. Et finalement, vous l'avez dans le dos. C'est une histoire de rétine. Des paupières battues, raclées. De fourchette et de fond de pot, en désespoir de cause. " À la longue, les mots n'ont plus la même longueur ", oui, à la fin, la poésie n'en pouvant plus (on sait bien pourquoi, il y a de l'essouflement dans le manque d'air, ça fait très mal du côté du rafistolage lyrique, de l'écologie prosodique, et encore plus mal du côté des ordinateurs), et bien, voilà, la poésie se tirant, que " quelque chose " revient, plutôt façon crabe, n'importe comment (rigoureusement n'importe comment), du côté du JOURNAL (voyez Prigent, Denis Roche, Lucot, et, aujourd'hui, cette Pascale Baud et ses pattes de mouche).
    Les mots rapetissent, se chevauchent, éboulent et s'emboulent, déboulent, se pelotent, s'écorchent, and so on. Noeuds et croix, mémoire et grimoire. Comme si vous vous étiez rincé l'oeil à l'eau de javel.
    Débrouillez-vous. Et grouillez-vous : " à la vitesse du train s'ajoute la vitesse du jour déclinant, la rotation de la terre ". D'emblée, dans ces " pages bordéliques ", c'est le travail systématique de l'effacement qui est à l'oeuvre : contrairement à toute attente, à toute entente (mais l' " art de la conversation " - et de la conservation - n'est pas le fort de ceux qui brûlent), le journal n'est pas du tout, mais alors pas du tout, un grand dépottoir cumulatif-expressif, de consolidation massive, un gros sac de décharge, c'est précisément le contraire, le lieu où tout disparaît, s'estompe, s'écroule, le lieu où tout lâche.
    D'où l'exercice ici, de tous les gestes, mouvements et faux mouvements, lapsus et traits de langue, qui jouent, rejouent et déjouent l'absorption : le blanc mange le " reste "(blanchissement du crayon noir ou de l'encre, raclure, à fleur de papier), ou c'est le noir (noircissement, rature), ou ça se gomme, de toutes les façons. La question est non pas : comment vais-je fixer, décrire ? mais : compte tenu de la vitesse du train, et de celui qui vient en sens inverse, et du tain miroitant des vitres, et de ma propre vitesse mentale, et de la disparition du jour (rotation cosmique) et, finalement, du tunnel, comment vais-je pouvoir faire " tenir " tout ce qui fout le camp ? Comment vais-je calculer la fraction de seconde, la fraction de fraction, où inscrire ce qui se défait ? " Tentative de cadrage du rien ", c'est ça, depuis Rimbaud (" par l'univers sans images "), le calendrier perpétuel, le poids de ce qui s'enlève, mot à mot, peau à peau, du sang perdu, infiniment, la chute des temps dans nos veines, et " les 883 espèces qui vont s'éteindre dans les quinze prochaines années ! ".Pascale Baud signe sa perte. Librement. Délibérément. En beauté (oui à ce mot !). C'est sa très grande force. Et qu'avons nous d'autre à signer ?



Article paru dans le magazine d'art contemporain MARS n°6 été 85, à propos du P.B.





















1

1


1

1

1

1
les mots n'ont plus la même longueur

1

1




 Mes écritures sont des refuges. Celles volontairement linéaires et presque indéchiffrables des "Carnets" et des "Torsades", celles qui s'oublient sur un coin de page, celle des mots barbouillés à coups de tube rageur, mots photographiés puis agrandis minutieusement, celles des "Hyperbleues", celles encore...

 - Ecrire comme accumulation.


1



 J'accumule des pattes de mouche, comme j'accumule des petits riens. C'est ainsi que je suis passée des carnets aux "K7", puis à nouveau aux carnets, aux déchirures et enfin aux "Géologies". C'est avec elles que j'ai commencé à montrer au jour le jour leurs stratifications par le biais de la photo. C'est avec elles que j'ai placé mes premières images sur Internet. Depuis la photographie a pris une place centrale dans ma façon de travailler. Photographie témoin, photographie constat, photographie mise en scène. Ecriture photographique...


1

1